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Parfums : l’héritage olfactif de la Chine raconté au musée Cernuschi

5/06/2018 | Cosmétiques & Parfums | antoine Froidefond E-mail

ENCENS 1

Ci-dessus : femme parfumant ses manches sur un brîle-parfums (détail). Chen Hongshou, encre et couleurs sur soie, dynastie des Ming (XIVe s.-XVIIe s. après J.-C. © Musée de Shanghaï. 

Des brûle-parfums aux tables à encens, le musée Cernuschi, à Paris, fait revivre le riche passé olfactif de la Chine à travers des peintures, des bronzes, des céramiques et des recettes. Certaines formules ancestrales ont été réinterprétées par François Demachy, célèbre nez de la maison Dior. 

«Les nombreuses pratiques rituelles ou profanes attachées à l'encens ont laissé une empreinte considérable sur la culture chinoise. Avec ce sujet, on touche à toutes les sphères, celles du sacré comme celles du quotidien», explique Eric Lefevre, directeur du Musée Cernuschi et co-commissaire de l'exposition organisée en partenariat avec le musée de Shanghai (jusqu'au 26 août).

«Écrire l'histoire des parfums en Chine, c'est écrire l'histoire de l'empire chinois», écrit Frédéric Obringer, directeur du laboratoire Chine, Corée, Japon au CNRS et conseiller de l'exposition. Dès le IIIe siècle avant JC, les Chinois utilisent des produits venus de lointaines contrées, comme le bois d'aigle, le bois de santal, le benjoin, l'oliban (ou encens), le camphre, les clous de girofle.

Mais la substance la plus utilisée est issue du territoire chinois lui-même, plus spécialement d'un animal très répandu, le chevrotain (sorte de chevreuil) : c'est le musc, très recherché dès l'époque des Han et employé à la fois comme médicament et comme source de parfum. Une persistance remarquée en 1846 par deux voyageurs, les pères Évariste Huc et Gabet qui notent que «non seulement les médicaments, mais encore les objets, les hommes, la terre, l'air, tout est plus ou moins imprégné de cette odeur».

A partir de la dynastie Song, la pratique des parfums se transforme profondément pour devenir un élément essentiel de la culture lettrée émergente. Elle s'accompagne du développement des connaissances botaniques. Des traités de composition sont publiés et l'empereur Gaozong (1127-1162) se risquait lui-même à créer de nouvelles fragrances.  

Redécouverte des parfums d’antan 

Les concepteurs de l'exposition ont audacieusement voulu donner au visiteur non seulement à voir mais aussi à sentir. Le créateur de parfums François Demachy a essayé d'apporter une nouvelle vie à des recettes anciennes - comme celle du «Sceau d'encens du grenier public de Dingzhou» - que l'on peut découvrir grâce à des bornes olfactives. Un exercice délicat, car si l'on connaît les ingrédients nécessaires, il est beaucoup plus difficile de déterminer leur proportion. 

«L'une des grandes caractéristiques des parfums chinois est la domination des notes boisées, la quasi-absence des notes florales», remarque Eric Lefevre. A partir du XIVe siècle, l'usage des parfums va s'étendre aux riches commerçants et aux fonctionnaires et prendre chez les lettrés des allures de quasi-cérémonie, où chaque objet comme sa disposition sont choisis avec attention. 

Parmi plusieurs autres, deux remarquables peintures anonymes, «Les dix-huit grands lettrés», venues de Shanghai comme la majorité des pièces présentées, restituent parfaitement ce monde des lettrés pratiquant la calligraphie ou la cithare, pendant qu'un enfant prépare le brûle-parfum sur une table japonaise.    

ENCENS 3

Ensemble de cinq objets, céramique rose, four de Jingdezhen, règne de l'empereur Qianlong (1735-1799) et Daoguang (1820-1850, Dynastie des Qing (XVIIe s.- XXe s. après J.-C. ) © Musée de Shanghai. 

Peu de contact avec la peau

Les pièces exposées suivent aussi l'évolution de ces pratiques, du brûle-parfum rituel en bronze et en forme de canard des Han à celui en jade de la dynastie des Qing, en passant par les somptueux objets rituels en céramique rose, de l'époque Qianlong.

Les parfums chinois sont très rarement utilisés en contact avec la peau. On cherche surtout à parfumer les vêtements, par exemple avec des bourses accrochées à la ceinture. Une peinture Ming montre une jeune femme parfumant les manches de sa robe, élégamment posées sur un treillis au-dessus d'un brûle-parfum.  

Pour Frédéric Obringer, «une constante demeura pendant plus de vingt siècles, l'immarcescible présence des substances odorantes dans la vie religieuse, les soins du corps, l'imaginaire et le goût des lettrés comme de l'élite politique, les échanges commerciaux et même la façon de mesurer le temps».

Source : AFP.

 

 

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