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Attentats : « Un climat anxiogène que nous devrons combattre par tous nos moyens »



18/11/2015 | Métiers de la beauté | Siska von Saxenburg E-mail
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INTERVIEW - Fatia Romeu est une personnalité emblématique de l’esthétique en France. Installée depuis plus de vingt ans boulevard Voltaire, à Paris, à deux pas du Bataclan, elle a vécu vendredi soir les attaques au plus près. Elle témoigne.  

Profession bien-être : Votre quartier a été durement touché…

Fatia Romeu : Je ne sais pas si je vais m’en remettre. Dans la nuit de vendredi, j’ai perdu des amies et des clientes, des gens du quartier, des gens que je vois tous les jours. Cela fait froid dans le dos. Il y a dix minutes, je suis passée devant le salon de coiffure du boulevard, la façade porte encore les impacts des projectiles. Mais la patronne a ouvert quand même, la peur au ventre, comme nous tous. Franchement, on a l’impression d’être à Beyrouth, en pleine guerre. Les Français sont fanfarons, ils affichent partout des tags « je n’ai pas peur », mais, en fait, tout le monde est terrifié. Les événements ont prouvé que les commerces de proximité et les restaurants étaient les premières cibles.

Comment avez-vous été avertie ?



Je travaille souvent avec le Bataclan, j’y étais encore le soir du 11 novembre, en tant que sponsor pour une association caritative en faveur des enfants. Tout le monde sait que je suis très investie dans mon quartier. Dès le début des évènements, j’ai été submergée par les appels téléphoniques et les SMS. J’y ai répondu une grande partie de la nuit, hébétée, anéantie par les pertes subies. 



Que s’est-il passé le lendemain ?



Tout le quartier était bouclé, mais nous avons ouvert quand même. Malgré les annulations des clientes, mes esthéticiennes étaient toutes là. Nous avons fait du soutien social toute la journée. Comme nous étions pratiquement le seul commerce ouvert, les gens poussaient la porte et venaient parler. J’ai servi du thé à la menthe toute la journée, et une bonne partie du quartier a défilé chez nous. 



Comment vos esthéticiennes ont-elles réagi ?



Elles ont été formidables. Elles sont allées spontanément vers les gens. Vous savez, dans les cas graves, ce ne sont pas nos discours qui sont importants. Une pression de la main peut suffire. En détresse, l’homme n’a pas besoin de paroles, mais d’écoute attentive et d’une attitude chaleureuse. C’est quand même la base de notre métier. Les filles ont été très bien. Elles sont toutes venues travailler, alors que j’aurais très bien pu comprendre qu’elles restent chez elles. Non, c’est plutôt moi qui ai mal réagi. J’ai été très fragilisée, alors que je suis plutôt une locomotive. Il est difficile de ne pas relativiser quand on est placé face à une telle tragédie, et si près de vous. Heureusement, j’ai été très soutenue, et je le suis encore, par le groupe des gérantes d’institut. La solidarité entre nous a été plus efficace qu’une cellule psy !



Quelle sera l’étape suivante ?



Nous allons surmonter ce choc, on surmonte toujours. Mais notre quotidien va changer. Si les évènements s’apaisent, petit à petit la vie va reprendre son cours. Commercialement, cela va être une catastrophe, dans une période si proche des fêtes de Noël. Mais ce n’est pas l’aspect financier le plus grave. Ce sera sans doute un climat anxiogène que nous devrons combattre par tous nos moyens.



Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

 

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