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Concours MOF : mais que se passe-t-il chez les meilleurs ouvriers de France ?

4/04/2018 | Métiers de la beauté | Aude Ferbos E-mail

MOF COLERE

 

Alors que les épreuves qualificatives du 26e concours «Un des meilleurs ouvriers de France» en catégorie esthétique vont débuter, à Auxerre, rien ne va plus chez les MOF. Une manifestation est prévue devant l’Assemblée nationale le 17 avril. Récit.

Du jamais vu. «C’est la zizanie !», lâche le président de la Société nationale des meilleurs ouvriers de France, en guerre contre le Comité d’organisation et des expositions du travail (Coet), chargé par l’Etat d’organiser les épreuves du concours. Jean-François Girardin n’est pas le seul à exprimer son mécontentement. Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux s’affolent à l’appel de la page «100 MOF en colère»…

A l’origine de toute cette agitation, une série de décisions qui, mises bout à bout, a fini par exaspérer les fromagers, les poissonniers écaillers, les charcutiers-traiteurs, les selliers, les graveurs et les esthéticiennes : l’énoncé des sujets, revus et corrigés par l’inspecteur d’académie, le limogeage de certains présidents de classe, des retards d’organisation…

Un « nivellement par le bas »

«Une quarantaine de président de classes ont eu beaucoup de mal à faire respecter la qualité de leurs sujets», déplore Jean-François Girardin. «Toute innovation ou créativité a été retirée, pour laisser la place à des épreuves basiques de démaquillage, de gommage ou d’épilation», renchérit Catherine Roland, présidente pour la classe esthétique et art du maquillage (48 candidats).

«Ces fonctionnaires sont des généralistes et non des spécialistes. Or, dans chaque métier, il y a des fondamentaux. Si on les gomme, tout l’édifice s’écroule», fulmine Fabrice Maury, président pour la classe sellerie, dont le sujet d’épreuve a été retoqué à la dernière minute, alors qu’il avait été validé par la commission du 25e concours.

«Pour chacun de mes sujets, le Coet a ajouté un cahier des charges qui correspond à un niveau d’examens d’état type CAP-BAC PRO-BTS, mais certainement pas au niveau d’excellence que représente le MOF», s’étonne Catherine Roland. Bref, pour les meilleurs ouvriers de France (MOF), cette «simplification» des énoncés équivaut à un nivellement par le bas.

Le dialogue est rompu avec le Coet

Présidente de classe depuis dix ans, Catherine Roland a été officiellement chargée de ce 26e concours en décembre 2016, avant d’être démissionnée. «Le Coet a invoqué un conflit d’intérêt au motif que j’occupais un poste à trésorière au sein de la Société nationale des meilleurs ouvriers de France, poste que j’ai d’ailleurs quitté le 15 janvier dernier. Mais en quoi est-ce incompatible?», rétorque-t-elle.

De même, le président des fromagers, Christian Janier, a été lui aussi remercié. Là encore, un conflit d’intérêt est évoqué. Joint par téléphone par Profession bien-être, il a préféré garder le silence pour ne pas «mettre d’huile sur le feu». Catherine Roland, elle, met les pieds dans le plat : «Le Coet veut éradiquer les MOF du concours» en nommant de nouveaux présidents non MOF.

Même si, au total, 232 métiers sont représentés, la polémique enfle. Sur Internet, la page Facebook «100 MOF en colère» est déjà suivie par 3 205 membres. Et si certains se contentent d’un «Touche pas à mon MOF», le ton monte parfois. C’est ainsi que, poussé à bout, Fabrice Maury, président de la classe sellerie depuis 20 ans, a eu un mot malheureux au téléphone avec l’Inspecteur de l’Education nationale.

Résultat : le dialogue est rompu. Jean-François Girardin, lui, y voit «les manigances de quelques hauts fonctionnaires qui ont pris le Coet en otage». Une situation d’autant plus incompréhensible qu’elle est «contraire aux efforts menés par l’actuel gouvernement pour renforcer le rôle des branches professionnelles», écrit Christian Janier, dans une lettre qu’il a adressée au député Modem Richard Ramos.

« Ce n’est pas la foire à la saucisse ! »

TOUCHE PAS MOFAu Coet, la réaction se fait attendre. Son président, Christian Forestier, garde le silence, réservant sa communication pour une prochaine conférence de presse. Jean-Luc Chabanne, le secrétaire général, évoque, quant à lui, une querelle de générations. «Tout a commencé avec la classe des charcutiers traiteurs. Après les épreuves qualificatives, un jury a été interviewé sur France 3, expliquant qu’il avait coaché un candidat !», balance-t-il.  

Coach et jury, deux fonctions incompatibles… «Deux hypothèses : soit on rejouait l’épreuve qualificative, soit on convoquait tous les candidats pour la finale. Nous avons opté pour la deuxième solution, car cela n’entache pas la souveraineté du jury, mais il fallait bien prendre une décision et seule la finale est diplômante, nous n’avons donc pas bradé le concours», se défend Jean-Luc Chabanne.

C’est ce dysfonctionnement qui a décidé l’Inspecteur général à entamer des vérifications générales. «On a voulu remettre un peu d’ordre dans le processus : ce n’est pas la foire à la saucisse le concours des MOF !», s’emporte le haut fonctionnaire. Lors d’un contrôle, il constate que le président de la classe fromagers fournit… les fromages pour le concours. «A prix coûtant», rectifie Jean-François Girardin.

La rédaction des sujets, elle aussi, a été passée en revue par l’Inspection. Le but : mettre en avant «l’équité et l’égalité des chances», assure le Coet. «En esthétique, par exemple, l’exécution d’un maquillage doit être noté sur le critère de la qualité, pas sur l’esthétisme, paramètre trop subjectif » précise Jean-Luc Chabanne.

« Laisser la place aux jeunes »

Mais tout ne se résume pas à quelques questions techniques. Si le secrétaire général concède que, par souci budgétaire, les épreuves qualificatives ont été allégées pour «mieux se consacrer aux finales», il reconnaît aussi que le conseil d’administration du Coet a entamé une réflexion sur l’avenir du concours.

«Nous réfléchissons à la façon d’accueillir les générations futures. Mais est ce grave d’anticiper ?», souffle-t-il, tout en dénonçant «l’insupportable conservatisme» des MOF. «Le conseil d’administration a pris ses dispositions et proposé de nouveaux noms pour remplacer ceux qui avaient déjà effectué plusieurs mandats, qui étaient parfois là depuis quinze ans. Cela fait partie de la vie», tranche le représentant du Coet, qui veut introduire un «serment d’Hippocrate» du MOF, qui serait lu par les lauréats de ce 26e concours.

En attendant, les «MOF en colère» organisent le 17 avril une manifestation à Paris, devant l’Assemblée nationale. A l’intérieur de l’hémicycle, Richard Ramos, député du Loiret, devrait saisir le gouvernement sur le sujet. Mais le temps presse. Les présidents de classe souhaitent repousser le concours, pour que les candidats aient le temps de se préparer en toute sérénité. 

«Il est urgent de trouver un consensus. Ce n’est pas normal d’en être arrivé là. Il va falloir mettre tout le monde autour de la table, renégocier les conditions du concours pour chaque métier. Il y aura peut-être des changements de personne», tempère Jean-François Girardin. Tous sont unanimes : «c’est la portée du concours à plus long terme qui est en jeu », résume Christian Janier. Un concours moins représentatif et moins exigeant perdrait de sa force et de sa légitimité…

MOF 2

LE CONCOURS DES MOF EN BREF…

Le concours «Un des meilleurs ouvriers de Frances» est géré par le Coet (Comité d’organisation des expositions du travail), une association paritaire qui a reçu la délégation de l’Education nationale pour organiser les épreuves. «C’est une organisation qui repose sur deux jambes : l’Etat et les professions», résume son secrétaire général, Jean-Luc Chabanne.

Crée en 1924 et organisé tous les trois ans, le concours est considéré comme un diplôme d’Etat classé depuis 2001 au niveau III. C’est aussi le seul titre délivré par l’Education nationale dont le référentiel métier est établi par des professionnels eux-mêmes. A ce jour, la France compte entre 1 800 et 2 000 MOF en activité. Quelque 232 métiers sont représentés.

Enfin, si l’organisation des épreuves est confiée au Coet, celui-ci s’appuie sur les professionnels, notamment pour la rédaction des sujets et le choix du jury, composé à 50% par des MOF, qui participent bénévolement au déroulement du concours. De son côté, la Société nationale des meilleurs ouvriers de France regroupe tous les lauréats MOF, mais ne participe pas à l’organisation. 

 

 

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