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Joël Savatofski : « le toucher fait partie de notre gestuelle quotidienne »

27/02/2012 | Métiers de la beauté | Georges Margossian E-mail
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INTERVIEW – Pour Joël Savatofski, le massage est « bien autre chose qu'une technique à effet mécanique »... Créateur du concept du « toucher-massage », il milite depuis plus de trente ans pour un retour aux sources de cette discipline : l'apprentissage du toucher. Chaque année, son école* forme ou sensibilise plus de 2 500 personnes à ses techniques, dont les deux tiers sont soignants.

Profession bien-être : Pourquoi avez-vous associé le mot « toucher » à celui de « massage » ?

Parce que j'ai pensé qu'il fallait donner une importance particulière au « toucher ». Le massage est bien autre chose qu'une technique à effets mécaniques, codifiés ou symptomatiques, qui s'effectue indépendamment du relationnel : ses effets se trouvent autant dans la relation qui s'établit entre le masseur et le massé. Le toucher fait aussi partie de notre gestuelle quotidienne. Quand on se cogne, on se frotte. Quand on sent un ami angoissé, on pose machinalement sa main sur son épaule. Quand on veut lui donner confiance, on lui presse amicalement la main... Bref, c'est d'abord une pratique empirique et de bon sens universel. A travers le toucher, une personne est capable de se détendre.

C'est ce qui le différencie le « toucher-massage » du « massage thérapeutique » ?

Oui. Je rappelle qu'en France, les massages se sont d'abord développés dans le cadre des soins infirmiers. Ce n'est qu'en 1946 que la profession de masseur-kinésithérapeute est née en créant ses propres critères de compétences. Elle s'est ensuite perfectionnée avec un engagement très masculin pour la technicité. Le massage est alors devenu « musculaire », « tendineux », « réflexologique », « cellulitique »... Si je reprends la première définition des kinésithérapeutes, c'est « un ensemble de séries organisées, méthodique et mouvantes, de manipulations qui s'exécutent sur une région du corps ». Et aujourd'hui, certains appareils parviennent déjà à réaliser ce type de manœuvres...

Face à cette approche « mécaniste », quelle est votre propre définition du « toucher-massage » ?

Au sens strict, je le définis comme un art qui s'exprime avec une intention bienveillante et qui prend forme grâce au toucher et à l'enchaînement de gestes sur tout ou partie du corps. Et ses bienfaits sont nombreux : il permet de détendre, relaxer, apaiser la douleur, rassurer, communiquer, remettre en forme ou procurer du bien-être. En clair, il ne s'intéresse pas directement aux muscles et aux tendons, mais à la personne dans sa globalité, ce qui le distingue de la kinésithérapie.

Paradoxalement, c'est pour le milieu paramédical que vous avez développé cette approche... Vous n'avez pas peur de la confusion des genres ?

Au contraire ! J'ai créé le concept de « toucher-massage » il y a 25 ans à un moment où la technicité et la sophistication des soins dans les hôpitaux étaient si grandes, que les infirmiers et les aides-soignants ne savaient plus comment répondre à des besoins élémentaires chez les malades, comme le toucher et la chaleur humaine. Je l'ai conçu aussi comme un outil contre le stress et la démotivation du personnel soignant, car il crée un mode de relation nouveau entre les membres d'une équipe médicale.

Comment se pratique le toucher-massage ?

Tout dépend du contexte. A l'hôpital, il se dispense d'une manière plutôt informelle, en fonction des situations et des besoins. Son premier objectif est le bien-être du malade et une meilleure communication avec les soignants.

Comment se déroulent vos formations ?

Pour le personnel soignant, une partie de nos interventions se font directement sur site, avec des sessions de 4 à 6 jours. On utilise des jeux, pour mettre les participants en confiance, puis on entre ensuite dans la gestuelle, au niveau du visage, des mains et des pieds. Il faut commencer par rassurer les soignants, leur apprendre à se détendre. Ils pratiquent ensuite des massages assis entre eux. Dans mon école, il existe une formation plus complète d'une trentaine de journées, qui a été séparée depuis deux ans de celle des praticiens de « massage bien-être », pour mettre l'accent sur la spécificité du secteur des soignants.

« Toucher-massage », « massage-minute », « massage assis »... On retrouve toujours la même approche du toucher. Votre méthode se décline-t-elle ailleurs que dans un cadre médical ?

Bien entendu, c'est avec le tout public que j'ai commencé, car ce sont des techniques qui peuvent s'effectuer n'importe où, sans conditions matérielles particulières. Par exemple, le massage assis répond à un besoin de détente ou de convivialité au quotidien auquel on peut répondre dans un court laps de temps. La séance se déroule dans une ambiance ludique et conviviale sur une personne habillée et installée sur un siège ergonomique pendant 6 à 12 minutes. Crée en 1992 pour les conducteurs, sur les autoroutes, il est aujourd'hui déclinable aussi bien en entreprise que dans le métro...

En juin, vous organisez le Congrès européen du toucher-massage** pour la cinquième fois. Quel est son objectif ?


J'ai créé cet événement en 2004 pour rassembler des personnes qui avaient des choses à dire partager sur le toucher-massage. A l'époque, il y avait une volonté de faire reconnaître l'ampleur du phénomène. Cette année, nous l'ouvrons à des personnalités extérieures, comme Rosette Poletti, qui viendra parler du relationnel avec le patient. Il y aura aussi un psychologue, un philosophe et une massothérapeute du Canada qui viendront nous parler des points de convergence entre nos deux pratiques.

Propos recueillis par Georges Margossian.

*Institut de formation Joël Savatofski
**Congrès européen du toucher-massage, Cité des congrès, Lyon, 4 et 5 juin 2012.

 
 

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