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MOF : « C’est un concours qui demande un énorme investissement personnel »

29/11/2018 | Métiers de la beauté | Siska von Saxenburg E-mail

virginie lamps

 

INTERVIEW. Virginie Lamps, 34 ans, est l’une des quatre lauréates en esthétique du concours des «Meilleurs ouvriers de France» (MOF), dont les résultats viennent d’être dévoilés. Pour Profession bien-être, elle raconte son parcours qui l’a menée jusqu’au titre. 

Profession bien-être : Comment attrape-t-on le virus de l’esthétique ?

Virginie Lamps : La question ne s’est jamais posée. J’ai toujours voulu faire ce que je fais aujourd’hui. Mais ce n’était pas gagné ! En troisième, j’ai fait une semaine d’orientation et je l’ai passé chez Yves Rocher. J’étais ravie ! Mais ils m’ont mise à la vente, alors que je voulais travailler en cabine. Alors, forcément, c’était une catastrophe. Dans son rapport, la personne qui me supervisait chez Yves Rocher a même précisé que l’esthétique n’était absolument pas un métier pour moi.

De plus, il n’y avait qu’une seule école publique enseignant l’esthétique, le lycée Hélène Boucher, à Toulouse, où nous habitions. Comme mes parents n’avaient pas les moyens de me payer une école privée, pour passer mon CAP, il m’a fallu passer un examen d’entrée. Mais je me suis obstinée. J’ai passé mon contrôle et j’ai été acceptée. J’ai passé ensuite mon BP en alternance, mais, du coup, c’était plus facile.

Vous visiez déjà le concours des MOF ?

Forcément ! Pour moi, c’était le but à atteindre ! Je me suis présentée dès l’âge de 20 ans, mais on m’a expliqué gentiment que je n’avais pas l’âge requis. Il fallait avoir 23 ans révolus.  Alors je me suis tournée vers d’autres concours. D’abord, les Meilleurs apprentis de France, puis les Olympiades des métiers, où je suis arrivée jusqu’au niveau national.

Malheureusement, pour continuer sur le plan international, je ne pouvais pas suivre. J’étais jeune maman, je n’avais pas les moyens financiers pour suivre. Et je ne pouvais pas m’investir comme je voulais. Quand vous vous lancez dans des concours de ce type, il faut un vrai soutien de votre entourage. Ce n’était pas le cas.

Cela ne vous a pas empêché de vous présenter aux MOF ?

Je suis très persévérante ! En 2010, je me suis présentée une première fois au concours. Je suis arrivée jusqu’en finale, mais je ne l’ai pas obtenu.

Comment l’expliquez-vous ? 

En fait, je voulais tout faire à moi toute seule. Mais une réussite aux MOF, c’est un travail d’équipe. Celles qui réussissent sont entourées, soutenues par leur environnement professionnel ou familial. Ce n’était pas le cas pour moi. Je travaillais en indépendante, donc sans vraie sécurité, mon mari ne croyait pas en moi, et je n’étais sans doute pas assez organisée pour tout gérer.

Avez-vous rencontré d’autres candidates dans cette situation ? 

Absolument. J’ai vu des candidates éclater en sanglots lors des épreuves de qualifications, car elles ne s’attendaient pas à un tel niveau d’exigence. En fait, il n’y a pas assez d’information sur le niveau requis. La plupart d’entre elles arrivent avec un bagage de BP classique, mais cela ne suffit pas, car il faut exceller dans tous les domaines, du soin corps au soin visage, en passant par l’extension de sourcils et les ongles.

C’est un concours très dur, qui demande un énorme investissement personnel. Et pas seulement financier, même si ça chiffre vite. Sur mon parcours de 2018, j’ai dû dépenser plus de 5 000 euros, entre les produits, les formations et les accessoires.

Cela ne vous a pas empêchée de vous représenter ?

Je vous l’ai dit, je suis persévérante ! Mais j’ai tout de même pris le temps de la réflexion. J’ai laissé passer deux sessions, j’ai divorcé. J’avais toujours deux enfants à charge, mais j’ai changé de statut. Je travaillais en indépendante dans un salon de coiffure, mais j’ai demandé à la propriétaire de me prendre comme salariée. Comme elle connaissait ma clientèle, elle a accepté. J’ai opté donc pour un statut plus sécurisant. 

L’une de mes clientes, ancienne infirmière militaire, m’a pris sous son aile. Elle s’est improvisée coach, et elle s’est révélée incroyablement efficace. Dès que je dérapais dans l’artistique, elle me ramenait à la réalité. Je me suis entraînée sans cesse. Et du coup, tout le salon de coiffure en a fait une affaire personnelle. Toutes voulaient me voir réussir.

Tout ce soutien m’a donné la force d’aller jusqu’au bout. Mes deux filles ont été aussi de véritables supporters de la première heure. Heureusement, car j’avoue qu’entre les épreuves de qualification et la finale, je n’avais qu’une idée en tête : être de plus en plus performante pour remporter le concours !

A votre avis, quel a été votre meilleur atout ?

D’oser la différence. Quand je suis arrivée aux épreuves de qualifications, j’avais les cheveux violets. Difficile de passer inaperçue ! Cela dit, en finale, je suis revenue à un noir plus classique, car je ne voulais attirer l’attention que sur mon travail. Mais j’avais tout de même une recherche différente, c’est ce que j’aime dans ce métier, car la part de créativité y est beaucoup plus importante qu’on le pense. Nous avons reçu nos sujets très tard, et ils n’ont pas forcément été évidents. En maquillage, il fallait réaliser un «face painting» mariant Chanel et l’esprit pin-up. Drôlement contradictoire, puisque Chanel, c’est plutôt le luxe discret des années trente, et les pin-up des années cinquante, c’est le contraire ! C’était donc un sujet de réflexion intéressant.

Et l’autre thème ? 

L’autre thème de maquillage, c’était Lalique. Je ne savais pas qui c’était ! Du coup, je me suis documentée et j’ai voulu recréer la transparence et les drapés qui caractérisent ses œuvres. Pour le soin visage qui devait s’inspirer du Kobido, j’ai été la seule à présenter le soin sur un tatami au lieu d’une table de soins, en recréant une ambiance japonisante, tout en utilisant des produits français. 

Le propre du concours des MOF, c’est justement encourager l’innovation et de forcer à réfléchir. C’est l’aspect le plus intéressant. La meilleure recette est de penser différemment, mais il faut d’abord connaître la technique sur le bout des doigts. C’est le seul conseil que je pourrais donner à celles qui voudraient faire comme moi. Maitriser parfaitement toutes les techniques et laisser s’envoler son imagination. Sans oublier de constituer une équipe autour de leur projet.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg. 

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