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Ostéopathie : « On assiste à une précarisation des jeunes professionnels »

14/03/2012 | Métiers de la beauté | Georges Margossian E-mail

DARGERE-200X118INTERVIEW – Appelant à manifester devant le ministère de la santé, le 8 mars dernier, avec d'autres organisations professionnelles et des patients, Romain Dargère, le président de la Fédération française de l'ostéopathie (FFO), s'inquiète pour l'avenir de sa profession et dénonce un nombre pléthorique d'écoles dont le niveau reste encore très hétérogène.

Proguidespa.com : Combien de personnes revendiquent aujourd'hui la qualité d'ostéopathes ?

Romain Dargère : Officiellement, on dénombre 17 000 ostéopathes en France. Derrière ce chiffre, on trouve des médecins ostéopathes, des kinés ostéopathes et des ostéopathes qui exercent leur activité à titre exclusif. Ces derniers représentent environ 9 000 professionnels.

Disposent-elles toutes d'un même niveau de formation ?

Non, et c'est bien là que réside le problème. L'offre de formations est encore très hétérogène en France. Par exemple, il existe un diplôme inter universitaire de médecine manuelle qui comporte 300 heures d'enseignement, des paramédicaux qui se forment à l'ostéopathie en 1 200 heures et des ostéopathes exclusifs qui sortent des écoles après avoir reçu un nombre d'heures de formation pouvant varier entre 2 600 et 4 200 heures...

Pourquoi existe-t-il de telles différences dans les programmes d'enseignement des écoles d'ostéopathie ?

L'ostéopathie repose sur trois approches : le crânien, le viscéral et le structurel. Or, les critères mis en place par les décrets de 2007 ne portent que sur la partie structurelle. Ce choix a favorisé la multiplication des formations «minimalistes ».

Vous faites référence aux décrets d'application de la loi Kouchner*, qui devaient structurer votre profession. Pourquoi rien n'a changé depuis cinq ans ?

Toutes les écoles qui ont postulé ont finalement reçu leur agrément... Et ce, parfois, en dépit des avis défavorables émis par la Commission nationale d'agrément. Résultat : nous avons plus de 70 écoles d'ostéopathie ! Cette situation met en danger notre profession et la sécurité sanitaire des patients.

Concrètement, que demandez-vous aux pouvoirs publics ?

Deux choses. D'abord, la mise en place d'un enseignement de haut niveau de 4 200 heures, soit cinq à six ans d'études. Cela ne concerne aujourd'hui qu'une quinzaine d'écoles. Nous voulons ensuite que les critères d'agrément soient plus ambitieux et respectés par le ministère de la santé. Car chaque année, les écoles mettent sur le marché 2 500 à 3 000 professionnels, alors que les besoins que nous avions calculés en 2007 ne s'élèveraient qu'à 700 ou 800 diplômés par an...

Le 8 mars, vous faisiez partie de la délégation reçue par le ministère de la santé. Avez-vous eu l'impression d'avoir été entendu ?

Nous l'espérons. En mai 2011, le ministère nous avait déjà assuré qu'un décret visant à durcir les critères d'agrément devait paraître en octobre de la même année. Depuis, nous avons perdu un an. Si rien n'est fait, la démographie va exploser. Je rappelle qu'en cinq ans, la population d'ostéopathes a déjà doublé. Aujourd'hui, on assiste à une précarisation des jeunes professionnels. Il y a donc urgence.

Etes-vous favorable à la création d'un Haut conseil de l'ostéopathie et de la chiropraxie, constitué sous la forme d'une autorité administrative indépendante, comme le suggère la proposition de loi du député UMP Bernard Debré ?

Oui, à condition que cette structure soit tournée vers la promotion de la qualité, autour de valeurs déontologiques fortes, dans nos pratiques et dans nos formations. Je note aussi que cette proposition de loi va plus loin en intégrant l'ostéopathie dans les professions de santé, ce qui règlerait plusieurs problèmes : le secret médical partagé, l'accès de notre métier dans le système hospitalier, le recours à l'aléa thérapeutique, etc. Bref, ce texte, s'il était un jour adopté, permettrait à l'ostéopathie de faire un bond qualitatif rapide. Malheureusement, il n'a pas été mis à l'ordre du jour avant la fin de la session parlementaire... Il montre, en tout cas, qu'il y a eu une prise de conscience des politiques, puisque une centaine de députés l'a soutenu.

Propos recueillis par Georges Margossian.

* La loi dite « Kouchner » du 5 mars 2002 sur le droit des malades reconnait dans son article 75 l'usage professionnel du titre d'ostéopathe.

 
 
 

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