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Réforme du BTS d’esthétique : « Son référentiel va limiter les débouchés »

13/02/2012 | Métiers de la beauté | Georges Margossian E-mail
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INTERVIEW –
Alors que le nouveau référentiel du BTS d'esthétique devrait être mis en place à partir de la rentrée 2012, Jérôme Hereil, élu le 11 janvier à la tête de la Fieppec*, s'inquiète de ses retombées sur l'avenir des futurs diplômés.

Proguidespa.com : Que reprochez-vous au référentiel du nouveau BTS d'esthétique que vous avez pu consulter ?
Jérôme Hereil :
Notre principal reproche, c'est que la réforme de ce BTS réduit à 180 heures la place des techniques esthétiques, soit le tiers du programme actuel. C'est, pour nous, inadmissible.

Pourquoi ?
C'est insuffisant pour que les futurs diplômés soient opérationnels et qu'ils puissent trouver du travail dans des instituts ou des spas. On leur préférera toujours des Bac pro, dont le niveau de formation technique est plus complet. Ce nouveau référentiel va limiter leurs débouchés.

Ces jeunes ne sont-ils pas déjà formés aux techniques esthétiques quand ils se présentent à un BTS ?
Pas vraiment. Si nous n'avions que des élèves titulaires du Bac pro, nous n'aurions aucun souci. Or, ces derniers optent presque toujours pour la vie active. Seulement 5% d'entre eux souhaitent poursuivre des études en BTS. L'écrasante majorité des élèves vient donc des filières technologique et général, avec, parmi les meilleurs dossiers, des bacheliers scientifiques. Il faut donc les former aux techniques esthétiques. A l'évidence, ce nouveau BTS n'est pas adapté aux profils des élèves qui viennent dans nos écoles.

Que proposez-vous ?
Nous pensons que 450 heures de pratiques esthétiques sur les deux ans que dure le BTS sont indispensables. C'est un minimum. En CAP, l'enseignement technique représente déjà près de 200 heures. A cela, il faut rajouter des cours en soins corps et en prothèse ongulaire, pour un nombre d'heures similaire...

Ne craignez-vous pas de surcharger le programme ?

Pas du tout. Il y a de la marge ! Dans les écoles privées, les élèves sont en cours 35 à 40 heures par semaine. Avec la réforme, le nombre d'heures tombe à moins de 30 heures...

Sur le fond, la vocation d'un BTS d'esthétique est-elle de former des praticiennes plutôt que du personnel d'encadrement ?
Avant d'encadrer ou d'enseigner, il faut acquérir une expérience technique sur le terrain. Ensuite, à la différence des diplômes de niveau inférieur, la progression se fait plus rapide. C'est là que joue le savoir-faire.

A vous entendre, on croirait que les écoles souhaitent le statu quo. Face à l'évolution du marché, cette réforme n'était-elle pas nécessaire ?
Bien sûr que si ! En soi, ce nouveau BTS n'est pas trop mal. Il offre des opportunités de découverte de nouveaux métiers intéressants. L'alternance est aussi une bonne chose. Mais notre souhait, c'est que les esthéticiennes puissent trouver du travail.

Ce ne sera pas le cas ?
Dans le nouveau référentiel, il y a trois dominantes : l'animation, le commercial et « l'expertise et conseils technologiques », qui permettrait de travailler dans des laboratoires. Nous approuvons les deux premières, elles répondent à un besoin, mais nous savons bien que les marques ont besoin de recruter des jeunes qui ont une réelle expérience du terrain. Et pour cela, il faut une formation technique crédible. Sinon, il n'y aura pas de débouchés. Quant aux laboratoires, nous ne comprenons pas très bien les objectifs de l'Education nationale : le ministère de la santé a exclu les BTS d'esthétique de la liste des diplômes qui permettent d'y travailler !

Justement, en supposant que le ministère de la santé accepte ce BTS dans sa nouvelle version, l'option « Expertise et conseils technologiques » ne permet-elle pas d'élargir les débouchés et renforcer le savoir-faire des esthéticiennes ?
Non. D'abord, je précise que cela ne concerne actuellement que moins de 5% de nos élèves en BTS. Ensuite, je rappelle que, dans les laboratoires, les esthéticiennes se trouvent directement en concurrence avec des licenciés en biochimie, voire des ingénieurs... C'est pourquoi très peu d'entre elles trouvent du travail dans ce domaine.

Ne pouviez-vous pas agir plus tôt ?
Nous ne faisons pas partie de la commission consultative et nous n'avons pris officiellement connaissance du référentiel que fin janvier.

A priori, la mise en place de ce nouveau BTS est prévue pour septembre. Les écoles auront-elles le temps de s'y adapter ?
Ce sera compliqué. Ce référentiel n'a pas été définitivement validé. Il doit encore passer en commission. D'ici au mois d'avril, il existe donc trois scénarios : soit le texte est adopté en l'état, soit il est modifié, soit il est reporté à l'année prochaine. Nous souhaitons son report. Les deux premières possibilités laisseraient peu de temps aux écoles pour interpréter le nouveau programme, trouver les bons professeurs, voire licencier ceux qui ne pourront plus enseigner, faute d'heures suffisantes, et organiser l'information des candidats avant septembre...

Propos recueillis par Georges Margossian.

* La Fédération internationale des écoles professionnelles de la parfumerie et de l'esthétique cosmétique (Fieppec) regroupe 70 écoles d'esthétique sur environ 130 établissements en France.

 

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