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Le reiki ? « Une pratique magnifique, mais totalement déviée »

13/11/2012 | Métiers de la forme | Georges Margossian E-mail

 

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INTERVIEW –Entre l'énergétique, le spirituel et le développement personnel, le reiki tente de se faire une place dans les pratiques de bien-être dites « holistiques »... On n'aura jamais autant parlé de cette « énergie de l'esprit » dans les spas et les centres de relaxation. Et pourtant, elle est encore loin de faire l'unanimité ! Pour l'ancien psychanalyste Christian Mortier*, fondateur de la Fédération française de reiki traditionnel et de l'Institut de reiki, les nombreuses impostures décrédibilisent la véritable pratique... Excessif ?

Profession Bien-être : De plus en plus de professionnels font appel au reiki, notamment dans le milieu de la beauté et du bien-être. Pourtant, régulièrement cité dans les rapports de la Miviludes** comme une pratique pouvant mener à des dérives sectaires, il semble toujours souffrir d'une réputation sulfureuse. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Christian Mortier : C'est une pratique magnifique, mais totalement déviée. Cela n'a jamais été une énergie « universelle » venant du cosmos, qu'un pseudo maître irait canaliser par les mains ! Tout cela est délirant. La majorité des « praticiens » ou des « maîtres » ne sont pas formés. Les formations se font en trois jours, voire en une demi-journée... Résultat, le terme de reiki est aujourd'hui galvaudé, et ce que l'on peut voir un peu partout est souvent bien éloigné de ce que pouvait écrire son fondateur, le Japonais Mikao Usui.

Vous ne caricaturez pas un peu ?

Hélas, non. Croyez-moi, c'est parce que j'ai pu observer sur le terrain le peu de sérieux de la représentativité du reiki et de son enseignement actuel, que je me bats pour que cette pratique émergente se structure. La confusion qui règne aujourd'hui provient de la croyance qu'une certaine technique « magique » aurait un quelconque rapport avec elle... C'est catastrophique.

Pourquoi existe-t-il autant de pratiques différentes ?

Il y a des centaines de pratiques centrées sur l'extérieur, et non sur l'individu. On part alors dans des choses invraisemblables avec un vocabulaire ésotérique. Certains mentionnent même plusieurs types de reiki, ce qui est absurde. De fait, cette pratique peut apparaître très limitée sur le plan technique et ouverte à toutes les interprétations : il n'y a que l'apposition des mains sur le corps, et cela s'apprend en vingt minutes...

Dans ces conditions, sur quoi reposent les compétences du praticien ?

Le reiki consiste à débloquer puis à utiliser les ressources et les potentiels que l'être humain possède à l'intérieur de lui-même. Notre travail ne se situe pas au niveau physique ou psychique, mais bien au niveau de l'énergie. Le reiki est une pratique qui s'intéresse à la globalité de l'être humain, qui est à la fois corps, énergie et esprit. Cette approche est essentielle dans l'apprentissage. Au cours des séances, qui durent environ une heure, nous utilisons aussi des techniques de relaxation et de méditation. Cette démarche n'a donc rien à voir avec une croyance ou une religion.

Le praticien de reiki est aujourd'hui un métier répertorié par Pôle emploi. C'est une avancée ?

Oui. Depuis un an, il figure désormais dans la rubrique « développement personnel et bien-être de la personne ». Mais il manque toujours un référentiel à Pôle emploi. N'importe qui peut encore s'affirmer « praticien en reiki »...

Comment comptez-vous améliorer la formation des praticiens ?

Nous avons élaboré une nomenclature qui repose sur un référentiel de compétences métier. Notre établissement est aujourd'hui le seul organisme de formation professionnelle en reiki qualifié ISQ-OPQF par un organisme certificateur indépendant et reconnu par l'Etat. Notre fédération vient aussi de créer un label de qualité. Enfin, à terme, nous envisageons de présenter un dossier au répertoire national des certifications professionnelles.

Un récent rapport du Conseil d'analyse stratégique, présenté en octobre, recommande aux pouvoirs publics d'intervenir pour encadrer les médecines dites « alternatives ». Pensez-vous que cela pourrait contribuer à rendre plus transparente la pratique du reiki en France ?

Peut-être. Mais le reiki n'est pas une pratique médicale, et il n'a pas non plus vocation à se substituer à une discipline psychothérapeutique. Il comporte aussi de sérieuses contre-indications, comme la psychose, la schizophrénie ou une dépression grave. C'est pourquoi nous sommes vigilants auprès des praticiens que nous formons sur un, deux ou trois ans. En revanche, nos élèves interviennent dans le cadre d'un bénévolat à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches ou à Lariboisière, à Paris, dans des services d'oncologie. L'échange d'expériences avec le milieu médical est très enrichissant.

Propos recueillis par Georges Margossian.

* Auteur de « Le reiki, cette magnifique pratique du bonheur », Lumières d'éveil, 2009.
** Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

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