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Cabines UV : « La plupart des études n’ont pas été correctement réalisées »

17/04/2012 | Sante et Bien-être | Georges Margossian E-mail
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INTERVIEW – Selon le président de l'Institut français du soleil et de la santé (IFSS)*, le docteur Philippe Mayran, les résultats des études qui tentent d'établir un lien entre les expositions aux UV et le risque de cancer de la peau restent encore très hétérogènes.

Profession Bien-être : Début avril, à la suite d'une étude américaine parue dans la revue « Mayo Clinic Proceedings », qui fait état d'une hausse spectaculaire de cancer de la peau chez les jeunes adultes, ses auteurs ont mis en cause l'utilisation des cabines de bronzage, notamment chez les femmes. Comment réagissez-vous à ces résultats qui semblent accablants pour les cabines UV ?

Philippe Mayran : Sur le plan scientifique, je ne suis pas convaincu. Dans les commentaires de l'étude, que j'ai lue attentivement, les auteurs ne soulèvent qu'une seule raison : l'usage accru des cabines UV. Mais quand je leur ai demandé une documentation détaillée sur les profils des patients étudiés, je me suis aperçu que toutes ces données n'existaient pas. Ces commentaires ne semblent donc que purement spéculatifs.

Quel type d'information en attendiez-vous ?

La population ciblée se trouve dans un comté du Minnesota, aux Etats-Unis. Il existe certainement des bases de données qui auraient permis non seulement d'estimer la fréquentation des cabines UV sur ce territoire, mais aussi de mieux évaluer l'ensemble des facteurs de risque de développer des mélanomes. On sait, par exemple, que ces risques sont en grande partie d'origine génétique, comme le montrent plusieurs études. Or, je ne trouve rien de tout cela.

Pour vous, le lien entre les cabines UV et le développement de cancers de la peau est-il clairement démontré ?

Non. Il existe beaucoup d'études, mais leurs résultats sont contradictoires. On ne peut pas conclure de façon générale. Le risque, c'est l'excès d'UVB. Tout le monde est d'accord sur ce point. Mais il faut aussi bien identifier les populations à risques : les roux, les personnes présentant des prédispositions génétiques, des peaux comportant de nombreux grains de beauté, etc. Il y a là un risque supérieur à la moyenne de développer des mélanomes.

Pourquoi est-il si difficile d'obtenir des résultats homogènes ?

Ils sont très difficiles à établir, car la plupart des études n'ont pas été correctement réalisées. Souvent, les chercheurs manquent de données. Au bout du compte, on n'arrive pas à distinguer, parmi les personnes étudiées, celles qui voyagent beaucoup, notamment dans les pays ensoleillés, celles qui s'exposent fréquemment, celles qui possèdent un risque génétique et celles qui utilisent réellement des cabines UV...

La sur-représentation des populations à risques peut-elle expliquer les résultats très négatifs de certaines études ?

Oui. Si on retire les personnes qui ont un phototype 1, c'est-à-dire une peau très claire, le risque disparaît. Ce n'est pas moi qui le dis, mais les conclusions d'une méta-analyse qui a été réalisée en 2009-2010. Encore une fois, on constate que les UV ne représentent qu'un des multiples facteurs de risque. Il est donc très difficile de les identifier comme telle.

Les études actuelles insistent-elles trop sur les effets négatifs des expositions au rayonnement solaire ?

Sans doute. L'exposition aux UV produit à la fois des effets négatifs et positifs. C'est une question de bon dosage. Il faut aussi prévenir le déficit en UV qui est néfaste pour la santé. Par exemple, le rayonnement solaire permet à la peau de synthétiser la vitamine D, que l'on ne peut pas obtenir par l'alimentation. Sur le plan scientifique, il y a un quasi-consensus. Plusieurs études montrent que la vitamine D a un rôle positif sur le cancer colorectal. On observe aussi un lien entre le niveau d'exposition aux UV, le taux de vitamine D et le risque de développer une sclérose en plaque, d'après les travaux du professeur Jean-Claude Souberbielle.

Le bronzage artificiel permet-il d'obtenir les mêmes effets ?

Il est démontré que, quand on s'expose aux UVB solaires ou en cabine, la peau réagit naturellement, entamant un processus biologique de synthèse de pré-vitamine D.

Comment le ministère de la santé accueille-t-il votre démarche ?

Nous constatons une méconnaissance du dossier. En matière de rayonnement solaire, il est plus facile d'interdire et de stigmatiser que de prôner une consommation modérée... Mais nous pensons que cette situation va évoluer. Un rapport devrait bientôt tirer la sonnette d'alarme sur le manque de vitamine D des Français, ce qui sensibilisera nos interlocuteurs.

Les campagnes de prévention pour se protéger des effets nocifs du soleil ne sont-elles pas indispensables ?

Le problème, c'est qu'elles sont inefficaces. Leur message s'adresse à tout le monde, alors que seulement 5% des gens présentent un risque accru de développer des mélanomes. Les dermatologues en sont conscients. Certains travaillent déjà avec nous pour développer des campagnes de prévention ciblées.

Propos recueillis par Georges Margossian.

* Regroupant des médecins, des scientifiques et des professionnels, l'Institut français du soleil et de la santé a été créé en décembre 2011 pour promouvoir la recherche et l'information sur les relations entre le soleil, les UV et la santé publique.

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