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La dépression touche deux fois plus les femmes que les hommes

22/10/2018 | Sante et Bien-être | La rédaction de Profession bien-être E-mail

DEPRESSION FEMININE

 

Alors que les Français sont de plus en plus nombreux à souffrir d’épisodes dépressifs, les femmes, les chômeurs, les personnes ayant un faible revenu et les moins de 45 ans sont particulièrement touchés par la maladie, selon une étude de Santé publique France. 

En 2017, près d'un adulte sur dix a déclaré avoir vécu un épisode dépressif ayant eu un retentissement sur ses activités habituelles au cours des douze derniers mois, selon cette étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Elle a été réalisée à partir de d'un questionnaire auprès de 25 319 personnes par téléphone et informatique (baromètre santé). 

 

L'épisode dépressif caractérisé (EDC), à l’inverse de la «déprime» passagère, répond à des critères précis : une période de 15 jours au moins de tristesse ou de perte d'intérêt associée à au moins trois facteurs secondaires (baisse ou augmentation du poids, difficultés de sommeil, pensées morbides etc.).

Au total, 9,8% des 18-75 ans ont connu un tel épisode en 2017. «C'est deux points de plus par rapport à 2010, après une période de stabilité entre 2005 et 2010», note le BEH. Le trouble touche deux fois plus les femmes (13%) que les hommes (6,4%), un écart qui peut s'expliquer par la différence des positions sociales selon le sexe ou par le fait que les hommes sont moins enclins à admettre une dépression.

Les personnes aux plus faibles revenus sont les plus exposées, avec une augmentation de 3 points entre 2010 et 2017, mais c’est chez les 35-44 ans (+4,4 points) et les étudiants (+4 points) que la dépression augmente le plus. «En concordance avec les études internationales, ce sont donc le sexe féminin, l'inactivité professionnelle, le faible niveau de revenus, les ruptures conjugales et l'âge inférieur à 45 ans qui sont positivement liés à la survenue d'un épisode dépressif», note l'étude.

Entre 35 et 45% des arrêts de travail

Les troubles dépressifs ont aussi un coût économique : ils sont responsables de 35 à 45% des arrêts de travail. Environ 8,2% des 14 520 actifs figurant dans les données recueillies par le BEH ont connu un épisode dépressif, les femmes étant toujours deux fois plus touchées que les hommes (11,4% contre 5,3%). Chez les hommes, le taux varie fortement en fonction du secteur d'activité : les plus touchés sont l'hébergement et la restauration, les activités financières et l'assurance. Pour les deux sexes, le fait d'avoir été victime de menaces verbales ou physiques augmente le risque de présenter une dépression, tout comme la peur de perdre son emploi.

Dans une autre étude, Santé publique France note une augmentation du recours aux soins pour les troubles anxieux de 2010 à 2014 : 1,3 million de patients ont été pris en charge dans un établissement autorisé en psychiatrie, soit une hausse de 3,7% chez les hommes et 3,6% chez les femmes. Les prises en charge sont les plus élevées au regard de la population dans la moitié nord de la France : Bretagne, Normandie, Hauts-de-France et Grand Est.

Avec l’AFP. 

 

 

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