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Tourisme : la destination Russie en quête d’un nouveau souffle

8/08/2019 | Tourisme - Hôtellerie | Marina Lapenkova E-mail

SIBERIE RENNESPériples dans les glaces de l'Arctique, nuit dans un palais ayant appartenu à Pierre le Grand... Après le succès du Mondial 2018, la Russie cherche à prolonger l’élan suscité par l’événement sportif en diversifiant son offre touristique.  

Un an après avoir accueilli une Coupe du monde de football unanimement saluée comme très réussie, l'afflux de visiteurs souvent ravis du voyage retombe déjà, poussant les autorités à redoubler d'efforts. La Russie doit «devenir l'une des dix destinations des plus populaires du monde», a lancé le vice-ministre de l'Economie Sergueï Galkine en mai.

Avec ses quelque 25 millions de touristes en 2018 (en grande partie venus des ex-républiques soviétiques et plus récemment de Chine), la Russie se place actuellement 16e dans la liste des destinations de l'Organisation mondiale du Tourisme (OMT). Le gouvernement travaille à une nouvelle stratégie visant à doubler d'ici à 2035 la part du secteur dans l'économie, pour atteindre 7% du PIB, et à doubler les recettes budgétaires liées à cette activité. Une source citée par l'agence Interfax a évoqué des investissements approchant les 10 milliards d'euros.

Avec ses paysages qui vont des volcans du Kamtchatka aux plages de la mer Noire en passant par le lac Baïkal, un héritage culturel comprenant orthodoxie et chamanisme, le plus grand pays du monde présente un potentiel encore peu exploité et manque d'infrastructures de qualité hors de Moscou et Saint-Pétersbourg.

Les tendances des derniers mois confirment que beaucoup reste à faire, reconnaît Maïa Lomidzé, présidente de l'Association des agences touristiques russes. «Selon nos estimations, cinq millions de visiteurs étrangers sont venus en Russie pour le Mondial en 2018, et nous nous attendions à une hausse de la fréquentation cette année grâce à cette publicité», a-t-elle expliqué à l'AFP. «Mais l’effet Coupe du monde s'est réduit à peau de chagrin à cause des visas, longs et difficiles à obtenir.»

Assouplissement des formalités d’entrée

Conscient du problème, le Kremlin a annoncé son intention d'assouplir les formalités d'entrée dès 2021, avec l'instauration de visas électroniques pour les courts séjours pour les ressortissants de l'Union européenne, les Chinois et les Coréens. Dès l'automne, de tels visas seront disponibles pour l'ancienne capitale impériale Saint-Pétersbourg, après avoir été mis en place cet été pour l'enclave de Kaliningrad. Les professionnels du secteur espèrent une hausse des visites de 20% à 40% grâce à cette mesure.

Si la Russie veut améliorer son image ternie par les remous de la crise ukrainienne, la rivalité avec les Occidentaux et les scandales d'espionnage, elle doit aussi lancer une campagne de publicité d'ampleur, estime Andreï Sivitski, l'un des responsables de la plus ancienne agence touristique du pays, Intourist, créée par les Soviétiques il y a 90 ans.

L'URSS ne ménageait pas ses efforts pour publier une myriade d'ouvrages prônant les voyages les plus exotiques dans les diverses républiques la composant, des steppes d'Asie centrale aux montagnes du Caucase. «L'Union soviétique attirait avant tout par son côté ‘interdit’, un peu comme la Corée du nord de nos jours», souligne Andreï Sivitski dans son bureau décoré d'anciennes affiches de propagande colorées de l'Intourist d'antan.

SAINT PETERSBOURG

Promenade en tank d’époque soviétique

Aujourd'hui, la Russie ne dépense qu'un million d'euros par an en campagnes de communication, selon les estimations de l'Association des agences de voyage. Souhaitant diversifier l'offre, les opérateurs proposent de plus en plus d'itinéraires originaux : périples dans les glaces de l'Arctique avec les éleveurs de rennes, promenade en tank d'époque soviétique ou nuit dans un palais ayant appartenu à Pierre le Grand.

«Les jeunes étrangers peuvent aujourd'hui découvrir une Russie qui était interdite à leur parents», résume avec enthousiasme Maïa Lomidzé, rappelant qu'un visiteur étranger sur cinq en Russie a moins de 40 ans. Exemple de ces voyages d'un nouveau genre : Juliette Spigolis, une ingénieure française à la retraite partie de Bretagne, traverse en bus toute la Russie en direction de Vladivostok, en Extrême Orient, soit un périple sans fin de 12 500 kilomètres à travers l'Europe et l'Asie.

Il y a 35 ans, lorsqu'elle était venue à Moscou à l'époque soviétique, elle n'avait même pas pu obtenir un plan de la ville, se souvient-elle. «A l'époque, les étrangers attiraient autant les regards des Soviétiques que nous nous intéressions à eux», raconte la retraitée en tentant de se frayer un chemin parmi la foule de Chinois sur la place Rouge. Elle se dit ravie de découvrir aujourd'hui «une société russe mondialisée», même si la tâche reste compliquée par les «signes uniquement en cyrillique» en dehors des zones touristiques.

Source : AFP.

 

 

 

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