Abonnement | Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Tendances : les nouvelles attentes des amateurs de spa français

1/12/2019 | Beauté | Siska von Saxenburg

Exit la vogue des spas exotiques de luxe. Une nouvelle page s’ouvre avec l’arrivée d’un public plus soucieux de résultats que de paraître. Bref, à la recherche d’un bien-être moins évanescent ! Les attentes ont changé, l’âge des clients aussi.  

Remontons quinze en arrière. Le spa français en est à ses balbutiements et seuls quelques pionniers s’intéressent à cette mode américaine, héritée du New Age et teintée d’inspiration asiatique. En France, le massage n’est pas encore rentré dans les mœurs. Il est, au choix, soit le terrain réservé des kinésithérapeutes, soit une activité exotique qui suscite des regards égrillards.

Si les hôtels de luxe parisiens intègrent facilement le massage dans leurs prestations, sous l’impulsion de certains novateurs comme Olivier Lecocq, l’impulsion viendra pourtant des spas urbains. Des marques comme Cinq Mondes, Omnisens, Thémaé, Nuxe ou Yon-ka ouvrent à tour de rôle des établissements dans la capitale. Une gageure dans la patrie de l’institut de beauté ! Amplifié par les media, le spa devient alors une activité luxueuse, réservée aux nantis.

Le massage est forcément exotique, et on voit fleurir des cartes remplies de «massages du monde», de la stone therapy californienne au massage thaï, en passant par le lomi-lomi hawaïen, le tui-na chinois ou, l’abhyanga indien ou le shiatsu japonais. En 2005, reconverti dans le bien-être après une carrière dans l’informatique, Eric Bah ouvre, à Paris, un centre de massages qui regroupe toutes ces pratiques venues d’ailleurs. C’est le premier établissement de ce type à Paris. 

L’univers du spa s’entoure de mystère, d’exotisme et se drape de promesses fortes : on prévoit ainsi «un moment d’exception, hors du temps, suivi d’une dégustation de thés rares». Des promesses pas toujours suivies d’effet. Mais en 2019 – bientôt 2020 – les attentes sont-elles toujours les mêmes ? 

«Absolument pas ! Aujourd’hui, le spa s’est banalisé. Et les clients veulent vivre une expérience, et pas seulement un massage relaxant. Ils attendent une prise en charge globale, un soin personnalisé. Et c’est là que réside toute la difficulté», tranche Joëlle Guillemot, fondatrice de la marque Omnisens. En 2004, elle inaugurait un spa de 600m2 d’un genre nouveau, à Paris. En avance sur son époque, il prônait la naturalité et la simplicité.   

La technologie à la rescousse des managers

Les attentes ont changé, mais l’âge aussi. Aux Etats-Unis, selon la consultante américaine Lisa Starr, à la tête de Wynne Business, la nouvelle clientèle se recrute toujours dans une classe sociale éduquée, mais aussi, ce qui est nouveau, dans toutes les tranches d’âge, de la génération Z à celle des baby-boomers, avec de plus en plus d’hommes. 

En France, l’accès au spa reste toujours l’apanage d’une catégorie diplômés à fort pouvoir d’achat, mais les millennials, plus prompts à s’occuper d’eux et à mettre leur bien-être en première ligne, suivent l’exemple de leurs aînés. C’est d’ailleurs une cible de choix pour l’industrie du Wellness et des cosmétiques.

Quant aux hommes, ils sont, comme aux Etats-Unis, de plus en plus nombreux à s’occuper d’eux. Un phénomène qu’avait anticipé Xavier Damar, le distributeur européen des marques de cosmétiques Vitaman et 4Voo. Voilà dix ans que le spa Bercy, qu’il a créé au départ pour mettre en scène ses produits, attire autant les hommes que les femmes. Au menu : des massages, des gommages et des soins visages spécifiques pour hommes, dans un cadre épuré et accueillant.  

L’apport de la technologie modifie aussi l’attitude des amateurs de spa. Peut-on encore imaginer aujourd’hui gérer un spa sans faire appel à la réservation en ligne et à la gestion informatique ? La technologie et, en particulier, l’extraordinaire succès des plates-formes de gestion et de réservation en ligne permet aujourd’hui à un gestionnaire d’être en prise directe avec ses clients, d’analyser leurs demandes et d’entretenir le contact via les réseaux sociaux ou des messages directs.

Cela permet surtout au client de prendre rendez-vous à un moment où le spa est fermé. «52% des réservations se font en dehors des heures d’ouverture des établissements » affirme Ilan Koskas, créateur de la plateforme Flexybeauty. «Les clients veulent tout et tout de suite. Très peu de personnes ont la patience de téléphoner pour prendre rendez-vous», ajoute l’entrepreneur. Selon lui, les réservations en ligne sécurisées avec un acompte réduiraient en moyenne de 80% le risque de rendez-vous non-honoré.

Au-delà du bio, une forte attente de résultats 

Mais le soin spa ne suffit pas. L’attirance pour le bien-être «in & out» a désormais touché la France. A la tête d’Evoleum, Thierry et Kareen de Beaurepaire l’ont anticipé depuis longtemps. Concepteurs de la nutricosmétique, des compléments alimentaires à boire, ils ont créé des coffrets saisonniers, qui proposent un produit cosmétique, des ampoules de nutricosmétique et une activité bien-être pour répondre à une demande grandissante de prise en charge globale. Pour promouvoir leurs activités, ils se sont rapprochés d’établissements de bien-être comme Le Tigre Yoga et Good Regen.

Autre tendance : la naturalité. Les amateurs de spa, en particulier les jeunes générations, sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils mettent sur leur peau. On note ainsi le succès de La Maison Dr.Hauschka, un espace parisien de soins conçu par la marque éponyme, qui tient plus du lieu de vie écologique que du spa. Eco-conçu du sol au plafond, l’endroit affirme les valeurs de la marque cosmétique : naturalité et authenticité. Un véritable retour aux sources, puisque la marque reste fidèle aux principes établis par sa co-fondatrice, Elizabeth Sigmund dans les années 1960.

Enfin, au-delà du bio et de la naturalité, les clients demandent avant tout du résultat. Aujourd’hui, le spa n’est plus simplement un lieu de massages ou de dépaysement. On y plébiscite  les machines, en combinant ainsi leurs effets. Les saunas à infra-rouges longs s’allient avec de l’aquabiking, la cryothérapie vient compléter des équipements de radiofréquence ou d’ultrasons, les machines d’oxygénation hyperbarique s’accompagnent de LED. Il n’existe plus de méthode unique pour rehausser l’éclat d’un teint, combattre le vieillissement ou remodeler sa silhouette.

Pour satisfaire toutes ces demandes, jamais l’expertise de la praticienne n’aura eu autant d’importance. Car la personnalisation de soin passe aussi par la compétence de celle qui l’effectue. . Autant dire que le recrutement est le souci de premier plan d’un spa ou d’un institut. Un des challenges les plus ardus en 2020 sera, sans doute, la capacité d’attirer (et de retenir) de très bons praticiens dans son équipe.

 

Le site www.professionbienetre.com et les newsletters en accès illimité.

Retrouvez l'actualité en continu du secteur de la beauté et du bien-être. Chaque matin, la newsletter quotidienne vous alerte des principaux faits de votre secteur.

>> Inscription à la newsletter gratuite