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Olivier Sittoni : « Le boom des barbiers ne date pas d’aujourd’hui »

9/10/2019 | gestion salon | Siska von Saxenburg

 

En peu de temps, les barbiers ont su se faire une place au soleil sur le marché français. Pour comprendre les raisons de ce succès, Profession bien-être a rencontré Olivier Sittoni, l’organisateur du salon Coiffure Beauté Méditerranée et du Congrès des barbiers français.

OLIVIER SITTONIProfession bien-être : Voilà maintenant quinze ans que vous organisez le salon Coiffure Beauté Méditerranée, d’abord à Aix en Provence, puis à Marseille. Existe-t-il vraiment un boom des barbiers ?

Olivier Sittoni :C’est évident. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Je me suis intéressé au phénomène il y a six ans, avant de lancer un événement qui leur était dédié il y a quatre ans. Il ne faut d’ailleurs plus parler de «boom» ou de «renaissance» des barbiers. En fait, cette activité est aujourd’hui en phase de stabilisation, et non plus d’émergence.

Combien existe-t-il aujourd’hui de barbiers en France ?

Ça, c’est une vraie colle ! Il n’y a pas encore de statistiques précises sur ce marché. Au doigt mouillé, mais cela n’engage que moi, j’évaluerais leur nombre entre 8 000 et 10 000 en France, soit environ 10 à 12% des salons de coiffure.

Comment expliquez-vous le succès remporté par ces prestations ?

Il n’y a pas de raison unique, mais la convergence de plusieurs éléments. Tout d’abord, la mentalité de l’homme a changé. La mode des métrosexuels, l’influence de la communauté gay ou la vogue des hipsters ont changé les mentalités. Rajoutez la façon dont les coiffeurs masculins se sont réinventés et vous comprendrez pourquoi les hommes reprennent le chemin des salons. 

Ces endroits dédiés aux hommes ont changé de peau : fauteuils en cuir vintage, déco choisie, playlists dans l’air du temps, intégrant bars à cigares, à vin ou à bière… Tout concourt à la cordialité et à l’ambiance. C’est ce qui manque aux salons mixtes ou féminins, dont la fréquentation ne cesse de diminuer.

Lorsqu’on pousse la porte d’un barbier, on n’est plus chez un coiffeur, mais plutôt dans un club à l’ancienne, dans le plus pur esprit anglo-saxon. Le barbier lui-même s’est rhabillé : fini le jean et l’éternel tee-shirt noir. On voit fleurir des gilets en cuir, des chemises, des pantalons vintage. Ici, on soigne son look avant de s’occuper de celui de ses clients. Du coup, le technicien soigne sa complicité et instaure un autre type de relation avec celui qu’il rase ou dont il soigne la barbe.

Justement, les échoppes de barbiers ont permis l’essor de nouvelles marques de soin. N’est-ce pas un peu trop pour les hommes, qui, jusque-là, ne songeaient guère au soin ?

Au contraire ! Cette profusion de marques est une véritable libération pour les barbiers. Alors que les coiffeurs sont à peu près tous tenus en laisse par les grands groupes de cosmétiques, comme L’Oréal Professionnel, Wella , Schwarzkopf ou Eugène Perma, le barbier, lui, a toute latitude pour choisir des marques de niche qui conviennent à ses clients.  

Car il est rare que ces derniers repartent sans un savon à barbe ou une huile. Les produits étant exclusifs, le client n’ira pas les acheter ailleurs. Ajoutez à cela le plaisir du «grooming», comme disent nos amis anglais, et vous comprendrez pourquoi les barbiers n’ont aucun mal à fidéliser leur clientèle.

Pourquoi organiser un congrès des barbiers français, une envie de cocorico ?

C’est beaucoup plus simple que ça ! Comme j’organise depuis quinze ans un événement professionnel régional qui est devenu une référence, ne serait-ce que par les spectacles que nous organisons dans un vrai théâtre avec une vraie scénographie, nous nous sommes aperçus que les barbiers, eux, venaient d’un peu partout. L’événement barbiers est donc devenu un «Congrès des barbiers français», qui dépasse de loin le cadre régional.

Quel avenir, selon vous, pour les barbiers ? Vont-ils passer de mode aussi vite qu’ils sont apparus ?

Je ne le pense pas. A l’heure où 48% des Français sont barbus, cela m’étonnerait que les barbiers soient un engouement passager. De plus, là où les femmes ont le maquillage, les hommes peuvent soigner leur style avec tellement de possibilités ! Barbe à la Garibaldi, à la Verdi, bouc à la mousquetaire, moustaches, barbe de trois jours parfaitement taillés : il n’y a que l’embarras du choix ! Les glabres irréductibles pourront, eux, goûter au plaisir d’un rasage à l’ancienne effectué dans les règles.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg. 

Le Congrès des barbiers français se déroulera, en même temps que Coiffure beauté Méditerranée, les 29 et 30 mars 2020, au Palais des Congrès de Marseille.  

 

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