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Thermes romains : des bains de quartier aux édifices luxueux

16/12/2019 | Bien-Être | Siska von Saxenburg

Conquérants implacables, les Romains ne sont, au départ, guère soucieux de luxe ni de confort. Une fois leur splendeur acquise, les fondateurs de la pax romanavont se mettre à construire des thermes raffinés, dont les principes sont encore utilisés dans le monde entier. 

Ils y parviennent d’autant plus facilement qu’ils maîtrisent déjà la distribution d’eau, en généralisant la construction des aqueducs et la technique de chauffage des établissements. Rien n’est laissé au hasard. Stockée dans d’énormes citernes pouvant contenir jusqu’à plusieurs millions de litres (thermes de Trajan), l’eau est ainsi distribuée dans les différents bains, puis évacuée par des égouts. 

Les Romains utilisent le principe de l’hypocauste, qui consiste à introduire sous le sol de l’air chaud produit par une chaufferie, pour faire circuler la chaleur. Sous les thermes, des passages souterrains permettent aux esclaves d’entretenir le système de chauffage. La technique des murs creux permet à l’air chaud de monter vers l’étage supérieur, où l’orientation des salles chaudes est soigneusement calculée, afin de conserver la chaleur et créer un véritable «effet de serre». 

Les premiers balneasemblent apparaître vers le IIIe siècle av. J.-C. Il s’agit de «bains de quartiers, de tailles variées, anonymes ou non», explique l’historienne Anne Laure Foulché. Très vite, ils ouvriront tous les jours, faisant désormais partie des avantages de la vie urbaine. Tous ces établissements n’étaient pas publics. Quelques privilégiés disposaient chez eux de structures balnéaires, profitant de l’eau publique par dérogation spéciale de l’Empereur. 

Plus tard, à partir du Ier siècle av. J-C., on commencera à utiliser le mot thermaepour parler des grands édifices publics détenus par l’Empereur. Après avoir supervisé pour Nîmes les travaux d’adduction de l’eau, Agrippa fait ainsi construire les premiers édifices thermaux à Rome en 33 avant notre ère. 

Au fil des siècles, ces établissements s’agrandissent et se multiplient. Dans la cité impériale, ils sont financés par les empereurs, car l’opération coûte cher, ne serait-ce que pour y faire amener l'eau nécessaire : les thermes de Caracalla peuvent accueillir 1 600 baigneurs et nécessitent 1 000 litres d’eau par jour et par personne ! 

Pauvres et riches dans le même bain

Au IVe siècle après JC, Rome aurait compté près de 850 bains publics – mais ce chiffre souvent cité ne fait pas l’unanimité parmi les historiens-, ainsi que 11 grands thermes, dont ceux d'Agrippa, au Champ de Mars, de Néron, de Titus, non loin du Colisée, de Trajan, de Caracalla, de Dioclétien et de Constantin… 

Ouverts à tous, les thermes romains accueillent toutes les couches de la population, riches, pauvres, libres ou esclaves, y compris les étrangers. Ils constituent, avec les jeux du cirque, l’une des principales sources de loisirs. C’est un moment privilégié de leur journée. Les Romains ne s’y rendent pas seulement pour prendre un bain. Ils y apprennent les nouvelles du jour, nouent des relations et font avancer leurs affaires... 

Le pauvre, pour sa part, s’y attarde volontiers pour y trouver l’oubli de sa misère et un luxe absent de sa demeure. Pour quelques sous, il vient ainsi passer des heures dans un cadre luxueux. Mais si tout le monde est logé à la même enseigne, le patricien, lui, se distingue de la plèbe en se faisant accompagner de ses esclaves chargés de surveiller le vestiaire (les vols sont fréquents), de porter l’alabastre, un récipient qui contient de l’huile pour le bain, la soude et les serviettes, de l’aider à sortir des bassins, puis de le frotter avec le strigile, petit racloir en fer. 

 

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