Abonnement | Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Coiffure : les colorants capillaires et leurs effets allergisants

13/09/2019 | Coloration | La rédaction de Profession bien-être

 

À l’heure actuelle, il existe trois types de colorations : les végétales, celles à base de sels métalliques et les organiques (colorants de synthèse). Une revue de littérature analyse les effets allergènes de leurs composants, observés parmi la clientèle des salons de coiffure.    

COLORANTS VÉGÉTAUX

La technique du henné, traditionnellement utilisée au Maghreb et en Inde pour son pouvoir colorant, est très ancienne. Présente en Afrique du Nord, elle sert à teindre, du brun-orangé au rouge-cuivré, les ongles, les cheveux, la plante des pieds ou des mains, voire la barbe des hommes. Mais ses propriétés ne concernent pas seulement son pouvoir colorant. 

Les Bédouins s’enduisent le visage et les bras de henné pour se protéger contre les rayons du soleil. On l’utilise aussi contre les maladies de peau. Son activité antibactérienne a aussi été mise en évidence dans une étude publiée en 19731. Ces travaux montraient que le henné pouvait avoir une action fongicide sur certains parasites (teignes). 

La teinture est obtenue à partir de feuilles séchées et réduites en poudre, auxquelles on rajoute de l’eau. Il en ressort une sorte de pâte, que l’on applique ensuite sur les cheveux. Son principe actif, la lawsone, également connue sous le nom d’acide hennotannique, provient de la plante lawsonia inermis

La concentration de la lawson - ou hydroxy-2 naphtoquinone-1,4 - peut varier de 1 à 5 % au sein de chaque feuille, selon les cultures ou le climat, ce qui explique les différentes teintes pouvant être obtenues. «Le henné vrai donne une couleur d’un brun acajou (brun orangé) et n’a qu’un faible potentiel allergisant», estime une revue de littérature parue dans les Annales de dermatologie et de vénéréologie en 20182

«Parfois, de la p-phénylènediamine (PPD) est ajoutée au henné́ pour intensifier la couleur et réduire le temps de pose ; on l’appelle alors henné noir ou faux henné», ajoutent les chercheurs. Dans ces conditions, il ne s’agit plus d’une coloration strictement végétale, précisent-ils. De plus, la présence de PPD, qui figure parmi les allergènes les plus cités pour les teintures capillaires, rend ce type de mélange plus allergisant.  

COLORANTS A BASE DE SELS MÉTALLIQUES  

Sels de bismuth, de fer, de cuivre ou d’aluminium : les sels métalliques déposés sur le cortex du cheveu agiraient comme catalyseurs vis-à-vis du peroxyde d’hydrogène présent dans les colorations oxydantes. Aujourd’hui, la règlementation cosmétique européenne interdit toutefois les sels de bismuth et de plomb. 

La situation est différente aux Etats-Unis, «où un sel de plomb, l’acétate, est autorisé́ et des produits de coloration à l’acétate de plomb sont couramment disponibles dans le commerce pour la couverture progressive des cheveux blancs (noircissement progressif)», selon la récente revue de littérature citée plus haut2. Précision : outre-Atlantique, ces produits sont principalement utilisés par les hommes. 

COLORANTS DITS « ORGANIQUES » 

Coloration temporaire

Ces colorants de synthèse de type azoïque ou anthraquinonique sont généralement bien tolérés, assurent les dermatologues. Ils font appel à des colorants de surface, mais ne pénètrent pas dans le cortex. L’effet est toutefois éphémère, car il suffit d’un shampoing pour les faire disparaître. Ils donnent un coup d’éclat, un effet rapide, apportent du reflet, une nuance aux cheveux abîmés, et ravivent la couleur. 

Coloration semi-temporaire

Ces produits apportent des reflets puissants ou renforce les nuances naturelles mais avec des effets beaucoup moins durables que la coloration d’oxydation. Ils permettent de «camoufler les cheveux blancs seulement lorsque leur proportion ne dépasse pas 30 % de la chevelure», précise l’étude. Contrairement aux colorations temporaires, ces teintures résistent à plusieurs shampoings. 

Comment agissent-elles ? Pour pouvoir prolonger leur effet, elles pénètrent la cuticule du cheveu jusqu’au cortex. Les chercheurs distinguent toutefois trois catégories de produits :

- les colorants aromatiques nitrés : «grâce à leur groupe nitré sur le cycle du benzène, l’oxydation est impossible. Les couleurs obtenues vont du jaune au rouge» ; 

- les complexes anions-cations : «un tensioactif cationique associé à un colorant acide réagit avec le cheveu» ; 


- les colorants auto-oxydables : «ils donnent des composés colorés en s’oxydant au contact de l’oxygène de l’air. Les principaux sont le diamino-2,4 phénol, l’aminohydroquinone et le trihydroxybenzène». 


Colorations permanentes 

Classées parmi les teintures capillaires d’oxydation, ces colorations permettent de modifier la teinte des cheveux en plus clair ou en plus foncé. Elles résistent à de nombreux shampoings. Leur formulation permet à la coloration de tenir jusqu’à la repousse du cheveu. La majorité d’entre elles contiennent de la PPD, note l’étude.  


Selon les chercheurs, ces colorations ne pénètrent pas dans le canal folliculaire. Elles produisent des polymères colorés qui se fixent dans les cheveux à partir de deux types de composants incolores : «une base qui couvre les cheveux et donne la couleur de fond et un coupleur qui apporte le reflet et modifie les nuances». 

«Lors de la réalisation de la teinture, base et coupleur (formulés dans une crème, shampoing ou huile) doivent être mélangés avec un support oxydant alcalin (une crème ou un shampoing)», qui permet l’«ouverture» du cheveu et la pénétration des précurseurs puis la formation des pigments colorés jusqu’au sein du cortex du cheveu, poursuit l’étude. 

Ces produits comportent aussi des p-phénylènediamine. «En pratique, les grands groupes industriels limitent volontairement la concentration totale en PPD (0,6 à 1 %) dans tous leurs produits de coloration capillaire professionnels et publics», affirment les scientifiques, alors que, dans l’Union européenne, le seuil maximal est fixé à 6 %. 

Pour les personnes sensibilisées au PPD, plusieurs alternatives peuvent être proposées : des produits de colorations capillaires ne contenant que de la paratoluylènediamine (PTD), mais il y aura toujours un risque d’allergie, ou des colorations semi-permanentes ou temporaires, voire des teintures à base de véritable henné. 

(1) Itani, Z. S., «Henna : Das Kosmetische antimycoticum», Hautarzt 24, 1973, p. 83-85. 

 

(2) Tennstedt D., Herman A., Lachapelle J-M., Annales de dermatologie et de vénéréologie, volume 145, numéros 8-9, août-septembre 2018, p. 521-531. 

Le site www.professionbienetre.com et les newsletters en accès illimité.

Retrouvez l'actualité en continu du secteur de la beauté et du bien-être. Chaque matin, la newsletter quotidienne vous alerte des principaux faits de votre secteur.

>> Inscription à la newsletter gratuite