Maquillage permanent : métier, formation hygiène et cadre légal

Par La Rédaction de Profession Bien-Être ·

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Gros plan sur le regard et les sourcils d'une femme, maquillage permanent

Sourcils repigmentés, lèvres rehaussées, trait d’eye-liner qui tient des années : le maquillage permanent séduit une clientèle de plus en plus large, et attire de nombreuses vocations en institut. Mais derrière la promesse esthétique se cache une réalité juridique souvent méconnue : il s’agit d’une technique de tatouage, encadrée comme telle. Métier, formation obligatoire et cadre légal : le point pour exercer sereinement.

Un métier technique à la frontière du tatouage

Le maquillage permanent, ou dermographie, consiste à implanter des pigments dans les couches superficielles de la peau à l’aide d’un dermographe. Le résultat, dit « semi-permanent », s’estompe avec le temps et nécessite des retouches. Le ou la professionnel·le qui le pratique est un·e dermographe. Les prestations les plus demandées concernent les sourcils (technique poil à poil, ombré, « powder brows »), les lèvres et l’eye-liner, sans oublier un usage plus réparateur (camouflage de cicatrices, reconstruction d’aréoles après chirurgie mammaire).

Ce que recouvre le maquillage permanent

SourcilsPoil à poil, ombré, powder brows.
LèvresContour et rehaussement de teinte.
Eye-linerTrait de cils, regard souligné.
RéparateurCicatrices, aréoles mammaires.

Schéma Profession Bien-Être — un métier esthétique aux applications variées, y compris médicales.

Une activité réglementée comme le tatouage

Point essentiel : le maquillage permanent implique une effraction cutanée. À ce titre, il relève de la même réglementation que le tatouage et le perçage. Toute personne qui met en œuvre ces techniques doit déclarer son activité auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) du lieu d’exercice. Cette déclaration n’est pas une formalité facultative : sans récépissé, le praticien exerce dans l’illégalité. Le local doit par ailleurs répondre à des exigences précises, avec une salle dédiée à l’acte, distincte des autres prestations de l’institut.

La formation hygiène et salubrité obligatoire

Avant d’exercer, la formation à l’hygiène et à la salubrité est obligatoire. D’une durée d’au moins 21 heures réparties sur trois jours (dont sept heures de pratique), elle est dispensée par un organisme habilité par l’ARS et aborde la prévention des risques infectieux, la stérilisation, la gestion des déchets et les protocoles sanitaires. Depuis l’arrêté du 5 mars 2024, cette formation débouche sur une certification valable cinq ans, à renouveler — un changement notable par rapport à l’attestation « à vie » d’autrefois. À noter : aucun diplôme d’État spécifique n’encadre la technique elle-même, mais une formation professionnelle sérieuse est indispensable, et beaucoup de dermographes viennent de l’esthétique.

Les obligations clés du dermographe

Déclaration ARSRécépissé obligatoire avant d’exercer.
Certif. hygiène21 h de formation, valable 5 ans.
Salle dédiéeUn espace réservé à l’acte.
Usage uniqueAiguilles jetables, matériel stérile.

Schéma Profession Bien-Être — la sécurité sanitaire structure tout l’exercice.

Hygiène, matériel et pigments : la sécurité avant tout

La règle d’or est la prévention du risque infectieux. Les aiguilles et buses sont à usage unique, le petit matériel réutilisable doit être stérilisé, et chaque acte fait l’objet d’une traçabilité. Les pigments utilisés sont encadrés au niveau européen par le règlement REACH, qui a restreint certaines substances depuis 2022 : mieux vaut donc travailler avec des encres conformes et documentées. Enfin, le professionnel doit informer le client des risques (allergie, cicatrisation, résultat qui évolue dans le temps), recueillir son consentement et respecter les mentions obligatoires. Une prestation réussie repose autant sur la maîtrise du geste que sur cette rigueur sanitaire.

À retenir : le maquillage permanent est un métier esthétique à part entière, mais c’est juridiquement une technique de tatouage. Avant d’exercer : déclaration à l’ARS, formation hygiène et salubrité de 21 heures (certification valable cinq ans depuis mars 2024), salle dédiée, matériel à usage unique et pigments conformes. La rigueur sanitaire est non négociable.

FAQ

Faut-il un diplôme d’esthétique pour faire du maquillage permanent ?
Aucun diplôme d’État ne régit spécifiquement la technique, mais la formation à l’hygiène et à la salubrité est obligatoire, et une formation technique solide est indispensable. Beaucoup de dermographes sont issus de l’esthétique.

Quelle formation est réellement obligatoire ?
La formation à l’hygiène et à la salubrité (au moins 21 heures sur trois jours), dispensée par un organisme habilité par l’ARS. Depuis l’arrêté du 5 mars 2024, elle donne lieu à une certification valable cinq ans.

Peut-on pratiquer le maquillage permanent dans son institut ?
Oui, à condition d’avoir déclaré l’activité auprès de l’ARS, d’obtenir le récépissé, de disposer d’une salle dédiée et de respecter tous les protocoles d’hygiène applicables au tatouage.

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Article informatif ; présentation générale du cadre applicable au maquillage permanent en France, à vérifier auprès de votre ARS et à adapter à votre situation. Ne constitue pas un avis juridique.