C’est une petite révolution pour la filière esthétique. Après des décennies de flou juridique et de contentieux, l’épilation au laser et à la lumière pulsée intense (IPL) à visée non thérapeutique est enfin encadrée — et surtout ouverte aux professionnels de l’esthétique. Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, confirmé depuis par le Conseil d’État, met fin à un ancien monopole médical. Décryptage de ce qui change vraiment.
La fin d’un long monopole médical
Pendant des années, l’épilation « définitive » au laser était juridiquement réservée aux médecins, sur le fondement d’un arrêté de 1962 réservant certains actes à la profession médicale. Dans les faits, de nombreux centres pratiquaient la lumière pulsée dans une zone grise, au gré d’une jurisprudence mouvante. Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 a clarifié la situation en ouvrant ces actes, à visée non thérapeutique, à d’autres professionnels que les seuls médecins.
Qui peut désormais pratiquer ?
Le décret autorise la réalisation de l’épilation au laser non thérapeutique et à la lumière pulsée par trois catégories de professionnels : les médecins, les infirmier·ère·s diplômé·e·s d’État, et les professionnel·le·s qualifié·e·s des soins esthétiques (titulaires d’un diplôme d’esthétique tel que le CAP). Attention : il s’agit bien de l’épilation à visée esthétique. Tout ce qui relève du soin ou du traitement d’une pathologie reste du ressort médical.
Qui peut réaliser l’épilation laser / IPL ?
Schéma Profession Bien-Être — un cadre enfin clair pour l’épilation esthétique.
Formation, hygiène et sécurité : les nouvelles obligations
L’ouverture s’accompagne d’un cadre strict. Les professionnels concernés doivent suivre une formation obligatoire conforme aux textes, et respecter des règles précises d’information du client, d’hygiène, de sécurité, de traçabilité des actes et de gestion des risques. Le laser et l’IPL ne sont pas des appareils anodins : mauvais réglages, phototypes foncés, peau bronzée ou zones sensibles exposent à des brûlures et à des taches. La montée en compétence n’est donc pas une option, mais la condition de l’ouverture.
Un cadre validé par le Conseil d’État
Le décret a été contesté, mais le Conseil d’État a rejeté la demande d’annulation par une décision du 12 mars 2026, estimant que les restrictions posées étaient justifiées par la protection de la santé publique. Le cadre est donc désormais solide et pérenne. Pour les instituts et centres esthétiques, c’est une opportunité de développement réelle sur un marché très demandé — à condition d’investir dans la formation, le bon matériel et une information loyale de la clientèle.
À retenir : le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, validé par le Conseil d’État en mars 2026, ouvre l’épilation au laser non thérapeutique et à la lumière pulsée aux esthéticien·nes qualifié·es (en plus des médecins et infirmier·ère·s), moyennant une formation obligatoire et des règles strictes d’hygiène, de sécurité et de traçabilité. Le soin d’une pathologie reste médical.
FAQ
Une esthéticienne peut-elle faire de l’épilation laser ?
Oui, depuis le décret du 24 mai 2024, sous réserve d’être titulaire d’un diplôme d’esthétique, d’avoir suivi la formation obligatoire et de respecter les règles d’hygiène et de sécurité prévues.
Le monopole des médecins est-il vraiment terminé ?
Pour l’épilation à visée non thérapeutique, oui. Le décret l’ouvre à d’autres professionnels et le Conseil d’État l’a confirmé le 12 mars 2026. En revanche, tout acte à visée de soin reste médical.
Faut-il une formation spécifique ?
Oui. Une formation obligatoire est requise, et la maîtrise des paramètres (phototype, réglages, sécurité oculaire) est indispensable pour éviter brûlures et complications.
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Article informatif ; présentation générale du cadre issu du décret n° 2024-470, à vérifier auprès des textes en vigueur et à adapter à votre situation. Ne constitue pas un avis juridique.




